Léa Bismuth

curator | critique d'art

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VERTIGES, 3ème volet de La Traversée des Inquiétudes Une trilogie d'expositions librement adaptée de la pensée de Georges Bataille

LABANQUE BÉTHUNE


6 SEPTEMBRE 2018 — 10 FÉVRIER 2019

Productions inédites des artistes : Antoine d’Agata, Juliette Agnel, Charbel-joseph H. Boutros, Claire Chesnier, Romina De Novellis, Marie-Luce Nadal, Mel O’Callaghan, Bruno Perramant, Sabrina Vitali Avec aussi : Rebecca Digne, Daniel Pommereulle, Georges Tony Stoll

« Le vertige, la chute dans le vide du ciel »
Georges Bataille


L’exposition Vertiges présentée à la rentrée prochaine à Labanque — centre de production et de diffusion en arts visuels de Béthune déployé dans le site réhabilité de l’ancienne Banque de France — est le troisième temps de La Traversée des inquiétudes, trilogie imaginée par Léa Bismuth, librement adaptée de la pensée de Georges Bataille. Cette exposition est conçue comme une expérience unique et s’inscrit comme les deux précédentes, Dépenses et Intériorités 1, dans une volonté d’expérimenter les conditions d’une exposition collective réunissant des productions inédites. Vertiges clôturera ce cycle, avec notamment neuf artistes sollicités sur le même principe de production hors norme, témoignage d’une recherche curatoriale fondée sur un principe d’écriture confrontant l’art contemporain à une pensée fondatrice du XXe siècle.

Après l’énergie diffusée dans ses excès pour Dépenses, et un voyage nocturne au bout des possibles dans Intériorités, voici venu le temps d’une quête de l’abstraction sensorielle et d’une ouverture extatique. Ainsi, Vertiges, déployée dans les 1500 m2 des quatre niveaux de Labanque, fait la promesse d’une promenade étrange et déroutante. Le vertige n’est-il pas avant tout une sensation physique, un trouble, une perte d’équilibre ? C’est aussi un état mental d’épreuve d’un impossible poétique que l’on aimerait pouvoir décrire, mais qui se laisse difficilement saisir. Désirant cet extrême inatteignable, l’exposition souhaite mettre en scène « une chute dans le vide du ciel », un élan, celui d’une existence sans borne.

Le visiteur sera invité à traverser d’abord l’espace de l’inconnu qu’il expérimentera par ses propres mouvements dans une installation immersive. Cela le mènera dans une déambulation entre chance, jeu et risque, dans un Luna Park désaffecté ou une géographie mondialisée. Il rencontrera aussi le vide, le danger, tout autant promis à l’ivresse qu’à l’abandon, au sommeil qu’à la floraison débordante. Son périple se terminera au sommet, dans ce que Bataille a appelé « Le Bleu du Ciel », par-delà les nuages, espace où les corps s’exercent à l’infini, touchant du doigt une absence mystique. L’exposition finale du cycle La Traversée des inquiétudes a en effet volontairement souhaité s’ouvrir sur un dépassement et une exaltation du corps épuisé ou enthousiaste, soumis aux lois de la gravité, en lévitation, ou s’échappant de son enveloppe.